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Quand on s’intéresse à l’histoire des massages, l’Occident arrive très loin derrière d’autres cultures et pays. Les premières pratiques de massage remontent seulement à la période gréco-romaine. En Europe, ce n’est qu’au XVIII et XIXèmes siècles que diverses méthodes sont apparues (le massage suédois, californien, puis l’ostéopathie, …). Aujourd’hui, on trouve plus de 70 techniques différentes venues progressivement de différentes parties du monde. L’Ayurvéda et le Tui na en médecine traditionnelle chinoise sont deux d’entre elles.

Ayurvéda et massages en Inde

massage ayurvédique

Des traces de pratique ayurvédique remontent à 6000 ans. Certains écrits retrouvés datent du deuxième millénaire avant J-C. A l’origine, les principes de guérison reposaient sur le son (hymnes) et la parole. Au VIIIème siècle, suite à diverses invasions musulmanes, la tradition tomba en désuétude jusqu’aux XVème-XVIème siècles.
La médecine ayurvédique a ensuite subi de nombreuses pressions au cours des colonisations européennes. Elle a d’ailleurs été interdite par les Anglais. C’est lorsque l’Inde est devenue indépendante, en 1947, et sous l’influence de Gandhi, que l’Ayurvéda a été enfin reconnu.

En Ayurvéda, les douleurs sont causées par l’obstruction de la circulation de l’élément « vent » dans les vaisseaux. La chaleur produite par le frottement permet aux souffles corporels de circuler librement, d’abolir la tension et de diminuer la douleur. Il s’agit d’équilibrer les trois humeurs : vent, air et feu, d’activer la circulation du prana (« souffle »), de stimuler les tissus et les muscles. Que le massage soit partiel (massage des mains, des pieds, du dos, du crâne) ou global comme le massage Abhyanga, il est à la fois tonique et relaxant.

Tui Na et massages en Chine

massage chinois

Des traces du massage tui na et médecine traditionnelle chinoise remontent à 5000 ans avant J-C. Les premières traces écrites ont été retrouvées sur des carapaces de tortues qui servaient à la communication avant l’invention des caractères chinois (1700 ans avant J-C). Le massage tui na précède l’acupuncture, la pharmacopée et la diététique, autres branches de la médecine chinoise. La pratique est instituée par l’académie de médecine au 1er siècle après J-C.

La pratique sera ensuite interdite durant la période post-impériale (1911-49), période durant laquelle de nombreuses sources seront perdues. Toutefois, la pratique du massage tui na va se maintenir au sein de la population elle-même et réapparaître dès 1950, intégrée alors dans un programme de formation. Le massage tui na est aujourd’hui une des cinq branches de la médecine traditionnelle chinoise (les autres sont : la qi gong, l’acupuncture, la diététique et la pharmacopée).

C’est un massage dynamique et thérapeutique. Son objectif est de relancer la circulation du Qi (énergie vitale). En agissant sur les méridiens et les points d’acupuncture, il dissout les tensions musculaires et dénoue les blocages. Contrairement à la médecine occidentale, le traitement ne se focalise pas sur l’organe « malade » ou en vide d’énergie. Il traite la personne dans sa globalité, réajuste les relations entre tous les organes et harmonise ainsi la circulation du Qi. Les manipulations sont très nombreuses (frottements, frictions, étirements,…) et choisies par le masseur en fonction de l’anamnèse précédant le soin pour bien l’adapter à la personne et ses besoins. En effet, des facteurs tels que l’alimentation, les émotions, l’environnement de vie peuvent perturber la circulation de l’énergie. Il s’agit donc bien d’en tenir compte.